Pourquoi ne pas parler une autre langue?

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Je reviens tout juste d’un voyage de quatre semaines à Paris et dans la magnifique région des Pyrénées. En tant qu’anglophone, j’étais heureuse de faire mon chemin à travers les musées, les stations de métro, les multiples châteaux et les cathédrales en utilisant le français, ma deuxième langue. J’ai alors saisi à quel point j’étais privilégiée d’avoir l’occasion d’apprendre et de pratiquer ce nouveau langage

Ce voyage m’a aussi fait voir ce que vivent mes étudiants lorsqu’ils tentent d’apprendre l’anglais comme langue seconde. J’ai tout de suite compris ce que c’est que de s’exprimer timidement, sachant qu’on est loin de la perfection. Pendant un moment, j’ai partagé la frustration que ressentent mes élèves lorsqu’ils ne trouvent pas les mots exacts pour faire valoir leur point de vue.

 Comme bien d’autres touristes, je me suis fait dire que Paris était géniale, mais que les Parisiens l’étaient moins. J’ignore si c’est parce que j’étais plus ouverte aux nouvelles expériences ou si c’est parce que je baragouinais le français partout où j’allais, mais j’ai trouvé les Parisiens, et les Français en général, très aidants et amicaux.

Quelques-uns ont même fait tout leur possible pour m’aider à me retrouver dans la station de métro Châtelet-Les Halles, ou ce que j’appelle maintenant « le terrible labyrinthe ». Imaginez vingt fois la grandeur de la station Berri-UQAM à Montréal! Luttant à travers la gare avec ma valise pour me rendre au train RER qui mène à l’aéroport Charles de Gaulle (ma seule motivation étant d’éviter les frais exorbitants de taxi), j’ai marché l’équivalent de je ne sais combien de terrains de football. Heureusement que certains Parisiens me sont venus en aide.

Je dois admettre que mon effort pour parler français m’a ouvert les portes, mais aussi les cœurs. Je me suis demandé ensuite pourquoi j’étais si enthousiaste à parler français en France et moins au Québec. Il est probable que je me sois donné la peine d’essayer dans le but d’élargir mes horizons culturels et de tirer le plus de chaque expérience.

À mon retour chez moi, j’ai fait le vœu de mettre de côté mon malaise linguistique. Je veux ressentir à Montréal ce que je ressentais en France : l’excitation d’une nouvelle personnalité émergeant alors que j’utilisais le vocabulaire des Français, leurs gestes, leurs mimiques, mais aussi leurs expressions idiomatiques.

Je crois fondamentalement qu’en parlant français, un monde s’ouvrira à moi. De plus, en tant que tutrice, je sais mieux que tout autre combien il est triste d’investir du temps, de l’énergie et, souvent de l’argent, dans l’acquisition d’une deuxième langue, et de l’oublier tout simplement par orgueil et paresse!

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